Wavre 2016

Wavre 2016
Providence - 2e Dragons - Wavre 2016

mercredi 18 février 2015

Dragons à pieds

Sous le Consulat et l’Empire, l’armée sera réorganisée de façon beaucoup plus précise par ce génial organisateur qu’était Napoléon. Sentant la nécessité de disposer de troupes montées susceptibles de combattre à pied, l’Empereur créa 2 divisions de dragons à pied en 1803 au camp de Boulogne. Il n’en resta qu’une pour la campagne d’Allemagne en 1805 : la division Baraguay d’Hilliers (7 200 hommes organisés en bataillons provisoires issus de régiments de dragons montés à l’origine). Napoléon compte les transformer en cavalerie avec les prises Autrichiennes. De fait, il sera fort déçu par ces soldats qui ne sont "ni de bons cavaliers ni de bons fantassins". Et pour cause : ils portent des bottes trop hautes pour bien supporter les marches infernales que leur impose le Petit Caporal et trop courtes pour bien se tenir à cheval. Baraguay d’Hillier leur faisant même faire des guêtres ! Cela lui vaudra la ire de l’Empereur qui lui reprocha de les entraîner comme des fantassins. Peu habitués à marcher (surtout aux cadences infernales imposées par le Tondu) ils souffrent beaucoup dès les premiers jours et n’étant pas rompus aux tactiques d’infanterie ils subiront quelques “ surprises ” désagréables qui nuiront à la réputation de leur général d’ailleurs. Honnêtement, c’est aussi le manque de chevaux qui a amené la création de cette unité. D’autre part, leur fusil est trop court pour être efficace en tant qu’arme d’infanterie. Dès le 23/10/1805, Berthier annonçait à Baraguay d’Hillier : “ L’Empereur a fait connaître que son intention est de monter tous les dragons à pied ”.


Cependant, un autre essai eu lieu en à partir du 12/09/1806 avec deux régiments formés d’hommes tirés des dépôts de dragons mais encadrés par des officiers de la Garde et par ailleurs rattachés à la Garde (le 1° au Grenadiers, le 2° aux chasseurs). Ils seront remontés avec les chevaux pris aux Saxons et aux Prussiens en octobre et novembre de la même année et rejoindront leurs régiments d’origine.



Pour être exhaustif il faut citer la création d’une unité de dragons à pied en 1805 en Italie par Masséna mais elle sera dissoute en janvier 1806 après la fin de la campagne en Allemagne. Il ne faut pas confondre ces corps avec les régiments provisoires de dragons que l’on retrouvera en Espagne mais qui ne sont que des cavaliers démontés en attente de remonte.


13e ou 16e régiment de dragons
 Combat en Allemagne 1805
de K. Rocco

Napoléon tenait à disposer de troupes aptes à accompagner la cavalerie légère en avant garde, arrière garde ou flanc garde et capable de démonter pour tenir des positions en attendant les renforts. Je le cite : ” Une division de 2 000 dragons qui se porte rapidement sur un point avec 1 500 chevaux de cavalerie légère peut mettre pied à terre pour y défendre un pont, la tête d’un défilé, une hauteur et attendre l’arrivée de l’infanterie. De quel avantage cette arme n’est-elle pas dans une retraite ! ”. Pour lui, les dragons doivent être toujours rompus au combat à pied.



Les dragons combattent comme cavalerie dite moyenne ou de ligne (au même titre que les lanciers apparus en 1811 par transformation de régiments de ... dragons !) par opposition avec la légère (chasseurs à cheval et hussards, parfois lanciers et chevau-légers lanciers) et la lourde cuirassiers et carabiniers. Ils participèrent à toutes les campagnes de l’Empire mais la majorité des régiments servira et se couvrira de gloire en Espagne où les Espagnols les appelleront “ cabeza de oro ” (“ casque d’or ” à cause de leurs casques en laiton) puis "cabalero de oro" (“ cavaliers d’or ”, à cause de la sainte terreur qu’ils inspiraient dans leurs charges). En 1814, leur retour en France sera considéré comme providentiel et capable de retourner la situation. Mais napoléon n’oublia pas leurs capacités à se battre à pied puisqu’outre le fait qu’il interdisait de verser des officiers d’un type de cavalerie dans un autre.


Ils finiront leur épopée glorieuse en Belgique entre le 15 et le 21 juin 1815. 12 régiments de dragons franchiront la frontière : 2 au IV° corps, 8 formant le corps de cavalerie d’Exelmans et 2 endivisionné avec les carabiniers dans la division l’Héritier du III° corps de cavalerie de Kellermann. Ils ne seront donc que deux à se ruer sur les carrés Anglais en ce fatal 18 juin 1815.



Extrait de "PETITE ETUDE HISTORIQUE SUR LES DRAGONS"
(Christophe Gouneau)















Sourcewww.le-petit-manchot.fr/premier-empire/47les-dragons-a-pieds-1805-1813/les-costumes-militaires/

dimanche 18 janvier 2015

Les Sonneries d’ordonnance de l’An XIII


Situés en tête de colonne, immédiatement aux côtés du colonel du régiment, les trompettes de cavalerie ont un rôle essentiel. C'est à eux qu'il revient de transmettre les ordres. Au cours de l'action, c'est une mission déterminante. Mais les trompettes sont présents à tous les instants et l'ordonnance  du 1er vendémiaire An XIII (23 septembre 1804) sur l’exercice et les manœuvres de la cavalerie prévoit 28 sonneries qui correspondent à autant de temps de la vie du régiment. Ces soldats à part ont logiquement un statut particulier. Ils touchent une solde plus conséquente et bénéficient surtout d'un uniforme qui permet de les distinguer de leurs camarades.



Voici donc la liste des 28 sonneries et leurs partitions figurant au chapitre X de l’ordonnance de l’An XIII . (Cliquez sur le nom de la sonnerie pour l’écouter.)





Source : http://www.10escadron.com/2011/11/14/les-sonnerie-dordonnance-de-lempire-essai/


jeudi 18 décembre 2014

Uniforme des officiers de Santé des corps de cavalerie

Dans la cavalerie ont peut affirmer, qu'à de rares exceptions près, les officiers de Santé affectés dans les régiments portèrent l'uniforme du corps et non, comme on le croit le plus souvent, celui de l'ordonnance de 1803.

Source : http://www.armchairgeneral.com/

Pour preuve, le récit d'une curieuse affaire qui se déroula à Utrecht le 14 janvier 1812 entre le colonel Ameil, commandant le 24e régiment de chasseurs à cheval, et son chirurgien major, le docteur Eugène. Le colonel accuse Eugène..."d'avoir répugné à prendre l'uniforme du corps et de s'habiller comme un Savoyard". De plus, Eugène,"pour le narguer" parait aux revues vêtu de l'uniforme du 22e dragons avec le fond bleu "barbo".

Source :Napoleon's 'specialist' troops
(http://www.ebookss.xyz/)

Chaque chirurgien affecté à un régiment de cavalerie se contente d’adapter son collet et ses parements de velours cramoisi sur les tenues "en surtout" des officiers de leur régiment.

Collet d'officier supérieur de santé, en drap cramoisi à deux broderies d'or,
modèle des chirurgiens en chef, règlement du 20 thermidor an VI.
Époque Directoire, Consulat.(http://www.thierrydemaigret.com)
Cette broderie est identique à celle présentée sur le portrait de DESGENETTES
en uniforme de médecin en chef d'armée, au musée de Versailles.

Les boutons de l' habit et la ganse argent (pour les dragons) au chapeau, pareil à celui des officiers de cavalerie (uni et bordé d'un galon de poil de chèvre) sont ceux du régiment mais les broderies en doré sur le collet et les parements sont celles du Service de Santé. Les officiers de Santé des corps de cavalerie portent les bottes et les éperons pareils à ceux en usage pour les officiers de leur régiment.

Chapeau d'officier du 28e régiment de dragons
(http://www.photo.rmn.fr/archive/08-551204-2C6NU0TUHKMU.html)

Le décret impérial du 10 mars 1807 détermine la force des régiments de cavalerie. L'article 2 du décret stipule que l'état-major d'un régiment de dragons comprendra notamment : 1 chirurgien major, 1 chirurgien aide-major, 2 chirurgiens sous-aides-major, ....

Chirurgien de Chasseurs à cheval
de la Garde Impériale

Les "officiers de Santé" (c'est leur titre) n' ont pas le droit de porter des épaulettes mais distinguent leurs grades par un système complexe de broderies dorées au collet et aux parements suivant le cas.

Les boutonnières brodées
de 1799 à 1814

Il semble qu'à partir de 1807-1808 les grades se distinguent ainsi :
  • 1e Classe ou Chirurgien major : 2 boutonnières brodées bordées d'un galon en dents de loup aux parements et au collet ;
  • 2e classe ou Chirurgien aide-major : 2 boutonnières brodées sur le collet uniquement et galon en dents de loup bordant les parements et le collet;
  • 3e classe ou Chirurgien sous-aide-major : 2 boutonnières brodées sur le collet uniquement et galons en dents de loup bordant le collet. Galon simple bordant les parements.
Les qualifications des grades ont évolué sans qu'aucune ordonnance connue ne le stipule. Le chirurgien de 1e classe est devenu, vers 1806-1807 un Chirurgien major, celui de 2e classe devient aide-major et celui de 3e classe sous-aide major.

Chirurgien major du 7e
régiment de cuirassier
(1808-1810)

Uniforme de chirurgien aide-major des dragons.

Il apparaît qu'à partir de 1807-1808, l'uniforme de chirurgien régimentaire de 2e classe ou aide-major (terme utilisé à partir de 1806-1807) possède 2 boutonnières brodées sur le collet uniquement et galon en dents de loup bordant les parements et le collet. La fonction de chirurgien aide-major correspond au grade de lieutenant.

Uniforme de chirurgien aide-major du 16ème Dragons
(www.empirecostume.com)

Uniforme de chirurgien aide-major du 16ème Dragons
(www.empirecostume.com)

Deux boutonnières brodées sur le collet et galon en dents
de loup bordant le collet (2ème régiment de Dragons)

Chirurgien aide-major du 2ème Dragons

Chirurgien aide-major du 2ème Dragons

Uniforme des officiers de santé des corps de cavalerie: Règlement de 1812

L'habillement des chirurgiens des corps de cavalerie (excepté la cavalerie légère) sera composé d'un habit de grand uniforme , d'un habit de petit uniforme, d'un gilet, d'une culotte et d'un manteau. L'habit sera, pour tous les officiers de santé, de drap bleu barbeau mêlé d'1/8e de blanc. Cet habit sera sans revers, boutonné sur la poitrine au moyen de 9 gros boutons.Les boutons seront ceux du régiment. La coiffure des officiers de santé de toute classe, consistera en un chapeau pareil à celui décrit pour les officiers de cavalerie.Les officiers de santé porteront des bottes et des éperons pareils à ceux en usage pour les officiers de leur régiment.



Habit du chirurgien major Foucart de la garde Impériale
(Source : http://www.photo.rmn.fr)
Habit du chirurgien major Foucart de la garde Impériale
(Source : http://www.photo.rmn.fr)

Dragons de l'Impératrice
(www.pinterest.com/pin/551902129309993709/) 



SOURCES :
- Uniformes N° 42, mars-avril 1978
- Tradition Magazine N°119, février 1997


Autres uniformes de chirurgiens-époque 1er Empire.

UNIFORME DE CHIRURGIEN AIDE-MAJOR DU 67ème REGIMENT D'INFANTERIE

Uniforme de chirurgien aide major du 67ème régiment d'infanterie de ligne, au règlement de 1812, ayant appartenu à Jean Baptiste TRESAL (1790-1873). En drap bleu impérial. Collet fermant droit avec un crochet à la base, brodé de deux boutonnières bordé d'une baguette dent de loup, en fils et cannetille, plastron, parements en pointe à une boutonnière brodée et retroussis en velours cramoisi. Motif de retroussis à la Couronne sur fond de drap écarlate. Boutons au chiffre 67 en laiton doré. Doublure en drap bleu impérial et velours cramoisi. SOURCE : avignon-encheres.com





UNIFORME DE CHIRURGIEN MAJOR DU 60ème REGIMENT D'INFANTERIE DE LIGNE

Uniforme de Jean Baptiste Fiory en drap bleu impérial. Collet en velours cramoisi brodé de deux boutonnières à décor de feuilles d'acanthe et d'un serpent, bordure en «dents loups», en fil, cannetille et paillettes or. Parements en velours cramoisi brodé en suite, à trois boutonnières. Ornements de retroussis à la grenade brodés en cannetille et paillette or. Boutons dorés au chiffre 60, à âmes en os. Doublure en drap ivoire et bleu impérial.
Biographie: Jean Baptiste FIORY (né en 1758 à Monaco), fils de chirurgien et aîné d'une fratrie de trois chirurgiens (dont Joseph, qui sera décoré de la Légion d'honneur). Il sert comme chirurgien de 3ème classe à l'hopital militaire de Monaco en 1773. Sous aide major à l'Armée de Rochambeau, fait trois campagnes durant la guerre d'indépendance d'Amérique. Chirurgien à 4ème régiment de chasseurs à cheval, chirurgien au 13ème bataillon de la Haute Saône en 1793. A l'Armée du Rhin à partir de l'An II. Chirurgien de 2ème classe, employé à la 97ème demi brigade par les citoyens Percy & Thomassin. Nommé Chirugien major du 60ème régiment d'infanterie de ligne le 13 fructidor An 12 (31 aoùt 1804). A fait les trois campagnes en Amérique, et celles des années 1792, 1793, des ans 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 14 et 1806. SOURCE : osenat.fr




UNIFORME DE CHIRURGIEN SOUS-AIDE-MAJOR DE LA GARDE IMPERIALE

La collection du Legermuseum (Armymuseum) aux Pays-Bas contient une veste d'uniforme , enregistrée comme ayant appartenu à un officier, H.T. Verhoef (1790-1865)  chirurgien sous-aide-major dans le Service de santé .... SOURCE: dutch surgeon





HABIT DE CHIRURGIEN EN CHEF DE LA GARDE IMPERIALE

Habit de chirurgien du Baron Larrey. SOURCE : RMN






HABIT DE CHIRURGIEN DE LA MARINE

Habit de chirurgien de la marine, en drap bleu barbeau, collet et parements en velours cramoisi; collet brodé de deux boutonnières en passementerie d'or et les parements de trois; l'habit sur le devant est brodé de neuf boutonnières et porte neuf boutons dorés du modèle réglementaire (caducée sur ancre de marine); les poches, en travers, à trois pointes et trois boutons, sont brodées de trois boutonnières; écusson de taille brodé en suite; basques brodées d'une ancre encordée, de chaque côté. SOURCE: Habit de chirurgien