Wavre 2016

Wavre 2016
Providence - 2e Dragons - Wavre 2016

mardi 7 avril 2015

Uniforme des dragons du Consulat à la fin de l'Empire : l'habit

Préambule:


Les dragons adoptent l'habit vert promu en France par le maréchal de Saxe dès 1743 (l'uniforme était précédemment des couleurs bleue et/ou rouge). 


L’ordonnance du 21 décembre 1762 permet la reconnaissance des régiments par la distribution d'une couleur distinctive sur le collet, les revers et les parements d'habit.


Le port du casque à crinière, également inspiré de celui des Volontaires de Saxe (devenu Volontaire de Schomberg en 1755), est généralisé chez les dragons et devient une exclusivité qui persistera jusqu'à la fin du 18e siècle.


Cette "révolution" dans l'uniforme des dragons modifia profondément l'aspect de cette troupe.



L'habit du Consulat à la fin de l'Empire:

Au début de la Révolution, il existe 18 régiments à 3 escadrons.


En 1791, les régiments perdent leurs noms et ne sont plus désignés que par des numéros. En février 1793, les dragons passent à 4 escadrons et en 1794 à 20 régiments de 6 escadrons.



En 1804, trente régiments (à 4 escadrons) composaient le corps des dragons. Leur habit était vert foncé; les régiments se distinguaient entre-eux par la disposition des couleurs distinctives (5 nuances), distribuées par séries de six ; les 3 premiers avaient les poches (figurées par un passepoil distinctif) en travers et les 3 derniers en long.

Ces nuances de couleurs étaient écarlate, cramoisi, rose, jonquille et aurore; elles étaient placées au collet, aux parements et aux pattes pour les 1er et 4e régiment de chaque série, aux parements seulement pour les 2e et 5e, au collet et aux pattes de parements pour les 3e et 6e.


Pour tous, les revers, les passepoils figurant les poches, les bordés de pattes d'épaules et les retroussis étaient de couleur tranchante. Ces derniers étaient ornés de grenades vertes.

Habit de brigadier, 16e régiment, Consulat
Musée de l'Armée, Paris

Les collets, les revers, les parements et leurs pattes étaient liserés de la couleur opposée. Les manches sont munies d'un parement à patte boutonnée. Les boutons (plats et en étain) sont ainsi distribués : 11 gros ( 2 aux plis des basques, 6 aux pattes de poche et 3 sous le revers droit), 22 petits (14 aux revers, 6 aux pattes de parement et 2 aux pattes d'épaule)

Habit de brigadier, 16e régiment, Consulat
Musée de l'Armée, Paris

Comme pour tous les habits longs en usage à cette époque, les retroussis, d'abord flottants et agrafés, furent ensuite fictifs et cousus à demeure, tout en réservant à la base un triangle de fond, qui disparut lui-même vers 1810. Les effets de la mode vont aussi faire évoluer le collet, qui s’élèvera parfois au delà de huit centimètres et l'ouverture du devant qui dégagera l'estomac.


Si les couleurs affectées comme distinction à chaque corps, ne changèrent pas jusqu'en 1815, l'habit sous l'influence de la mode, se transforma et d'ample qu'il était au début, devint plus étriqué et se raccourcit légèrement avant d’être remplacé par l'habit-veste (taillé carré sur le devant et les basques raccourcies) décrété en 1812.


Planches du Volume IV du projet de règlement sur l'habillement du major Bardin (1812)
































COULEURS DISTINCTIVES

N° rgmt
Collet
Revers
Parements
Retroussis
Pattes pmts
Poches
1
Ecarlate
Ecarlate
Ecarlate
Ecarlate
Ecarlate
Travers
2
Ecarlate
Ecarlate
Ecarlate
Travers
3
Ecarlate
Ecarlate
Ecarlate
Ecarlate
Travers
4
Ecarlate
Ecarlate
Ecarlate
Ecarlate
Ecarlate
Long
5
Ecarlate
Ecarlate
Ecarlate
Long
6
Ecarlate
Ecarlate
Ecarlate
Ecarlate
Long
7
Cramoisi
Cramoisi
Cramoisi
Cramoisi
Cramoisi
Travers
8
Cramoisi
Cramoisi
Cramoisi
Travers
9
Cramoisi
Cramoisi
Cramoisi
Cramoisi
Travers
10
Cramoisi
Cramoisi
Cramoisi
Cramoisi
Cramoisi
Long
11
Cramoisi
Cramoisi
Cramoisi
Long
12
Cramoisi
Cramoisi
Cramoisi
Cramoisi
Long
13
Rose foncé
Rose foncé
Rose foncé
Rose foncé
Rose foncé
Travers
14
Rose foncé
Rose foncé
Rose foncé
Travers
15
Rose foncé
Rose foncé
Rose foncé
Rose foncé
Travers
16
Rose foncé
Rose foncé
Rose foncé
Rose foncé
Rose foncé
Long
17
Rose foncé
Rose foncé
Rose foncé
Long
18
Rose foncé
Rose foncé
Rose foncé
Rose foncé
Long
19
Jonquille
Jonquille
Jonquille
Jonquille
Jonquille
Travers
20
Jonquille
Jonquille
Jonquille
Travers
21
Jonquille
Jonquille
Jonquille
Jonquille
Travers
22
Jonquille
Jonquille
Jonquille
Jonquille
Jonquille
Long
23
Jonquille
Jonquille
Jonquille
Long
24
Jonquille
Jonquille
Jonquille
Jonquille
Long
25
Aurore
Aurore
Aurore
Aurore
Aurore
Travers
26
Aurore
Aurore
Aurore
Travers
27
Aurore
Aurore
Aurore
Aurore
Travers
28
Aurore
Aurore
Aurore
Aurore
Aurore
Long
29
Aurore
Aurore
Aurore
Long
30
Aurore
Aurore
Aurore
Aurore
Long

SOURCES:
Tradition magazine N° 1, 48, 73, 74 et 124-125 
Gazette des uniformes N° 29
http://www.photo.rmn.fr/

samedi 4 avril 2015

2012-2013 : ...en selle

Dans la suite logique des articles des 9 et 10 juin 2014 et avant de débuter la "Campagne de Belgique 2015 ", voici quelques souvenirs de mes premières activités à pieds et de mes premiers galops....

2012

Braine l'Alleud, mai 2012.
(Célébration commémorant la mort de l'Empereur).
Première sortie "en uniforme".

 Ligny, juin 2012.
(Première "Bataille" à pieds)

Plancenoit, juin 2012.
(Premier "Waterloo" à pieds, accompagné
 de l'Humaniste en uniforme de sapeur)

"Bataille" de Wavre, juillet 2012
(dernier bivouac à pieds).

Entrainement à cheval en août 2012
au Hameau ("Butte du Lion").

Entrainement à cheval en août 2012
au Hameau ("Butte du Lion").

Montmirail en septembre 2012,
"Ecole du cavalier à pied".

Montmirail en septembre 2012,
"Ecole du cavalier à pied".

Entrainement à cheval en novembre 2012
Plancenoit-Waterloo.

Entrainement à cheval en novembre 2012
Plancenoit-Waterloo.


2013

Bataille de Craonne en mars 2013,
accompagné du Maréchal-des- logis "La Plume".

Bivouac de Craonne en mars 2013,
avec le Maréchal-des- logis et de Fauche-Paille.

Ligny en juin 2013,
Première "Bataille" à cheval.

Ligny en juin 2013,
Première "Bataille" à cheval.

Plancenoit ("Waterloo") en juin 2013.

Première "Bataille de Waterloo" à cheval,
juin 2013.

Première "Bataille de Wavre" à cheval,
juillet 2013.

Après les combats de Wavre, la convivialité au bivouac...

Fin de soirée, le Capitaine, le Trompette et
Fauche-Paille se préparent pour mon "baptême":
dès demain je serai "cavalier au 2e dragons" !

"Bataille de Wavre" à cheval,
juillet 2013 : 2e jour


Entrainement à cheval en juillet 2013,
au Hameau ("Butte du Lion").


Entrainement à cheval en juillet 2013,
au Hameau ("Butte du Lion").

"Camp de Boulogne" juillet 2013: face à l'Empereur !

"Camp de Boulogne" juillet 2013....Chaude journée.

Entrainement à cheval en août 2013,
au Hameau ("Butte du Lion").

Entrainement à cheval en août 2013,
au Hameau ("Butte du Lion").

Montmirail en septembre 2013,
"Ecole du cavalier à pied".

Montmirail en septembre 2013,
En compagnie de la "6ème"


Râches, septembre 2013.

Entrainement à cheval en novembre 2013
à Hougoumont.

Entrainement à cheval en novembre 2013
à Hougoumont.

Bataille de Bassenge en novembre 2013.

Bataille de Bassenge : un "prisonnier"...

Les reconstitutions 2012-2013 se terminent
 à Bassenge et dans la bonne humeur !

jeudi 19 mars 2015

Le manteau de dragon sous le 1er Empire

Le terme manteau sous le 1er Empire est spécifique, il s’agit d’un habillement d’extérieur utilisé contre le froid, les frimas et les intempéries. Cette pièce d’uniforme se porte par-dessus l’habit d’un homme qui monte à cheval.
Le manteau n’est usité réglementairement qu’en petite tenue. (Par opposition à la grande tenue, dont la recherche vestimentaire, a pour premier objectif de valoriser la personne lors des moments pointés par le règlement, et ceux plus personnels décidés hors service. La petite tenue affiche pour volonté première, le confort et la praticité. Elle se porte en service ordinaire, en route et en campagne.)

Mais contrairement à sa définition contemporaine, le manteau désigne, dans les rangs de l’Armée Impériale, un vêtement sans manche, que nous définirions actuellement sous le vocable de cape.

Cuirassiers en manteau (Vernet)
Planche 67 du volume IV du projet
de règlement sur l'habillement du major Bardin

À partir du moment où les manches lui ont été adjointes, il est devenu le manteau-capote, capote-manteau ou manteau à manches.

Dragons en manteau-capote (Vernet)
Planche 66 du volume IV du projet
 de règlement sur l'habillement du major Bardin

Le dictionnaire de la grande Armée (A. Pigeard) définit le manteau comme suit :
"Les manteaux protègent les cavaliers, leurs armes et leurs munitions des intempéries.
En temps de paix on peut, pendant une route, tarder à les faire déployer, parce que l’homme, 
arrivant de bonne heure à son gîte, a le temps et les moyens de se sécher. Mais en temps de guerre il est d’usage, dès qu’il commence à pleuvoir, de faire déployer les manteaux ; l’averse passée, on les laisse sécher sur le dos des hommes avant de les rempaqueter solidement et convenablement sans s’arrêter. L’habitude de rouler les manteaux et de les croiser sur la poitrine un jour de combat
procure trois avantages : 

  • Le premier, de débarrasser l’ouverture des fontes ;
  • Le second, de permettre à la main de la bride d’être plus prés de l’encolure,ce qui facilite la conduite du cheval ;
  • Le troisième, enfin, de protéger le cavalier.

Manteaux roulés et portés en bandoulière.

Dans la cavalerie, le manteau est plié de la manière dite en « portefeuille ».
Le manteau des carabiniers, cuirassiers et dragons est le seul que le décret du 7 février 1812 ait conservé sous le titre de manteau ; celui des autres troupes à cheval a pris la dénomination de manteau à manches, parce qu’on lui a adapté des manches."

Le manteau, plié en portefeuille, était posé sur le porte-manteau. Sa parementure était invisible en campagne et en route. La charge étant élevée derrière les cavaliers, on décida en 1808, de placer le manteau sur les fontes.

Manteau plié en "portefeuille"

Ordonnance 1er vendémiaire an XIII


Le manteau du dragon est du type trois-quarts avec rotonde. Les devants sont parementés à l’intérieur de la couleur distinctive. Le parement des devants ne descendent pas jusqu'au bas du vêtement, nous retrouvons cette particularité dans la plupart des régiments. Cette règle n’en est pas pour autant absolue, puisque nous savons que les gendarmes d’élite de la Garde, entre autre, avaient leurs manteaux parementés sur toute la hauteur.
Le drap est blanc piqué de bleu (nuance "gris froid") selon l’appellation de l’époque.

Manteau de cuirassier
(identique pour les dragons)

On peut retenir, qu’au début du premier Empire, l’appellation manteau, (dans l’armée), désigne un vêtement ample avec ou sans rotonde (ou capuche), mais sans manche, utilisé pour ce protéger des intempéries lors de déplacements à cheval.

Dragons en manteau

Dès le moment où les manches sont ajoutées au manteau sa dénomination change il se nomme indifféremment ; manteau à manches, manteau capote ou capote manteau. Le manteau-capote, ou manteau à manche, est officialisé dans l’Armée Napoléonienne par le règlement Bardin de 1812.

1er Dragons en manteau-capote (Vernet)
Planche 91 du volume IV du projet
 de règlement sur l'habillement du major Bardin

Pour rappel, le règlement  de 1812 conserve le manteau sans manche aux dragons ainsi qu'aux carabiniers et cuirassiers.  Mais dans la pratique et comme le montrent les illustrations de Vernet, il semble en effet qu'ils portèrent le manteau-capote.

Manteau rotonde à manche ( modèle troupe)

Un manteau-capote conservé au musée de l'Empéri et un autre, ayant appartenu au dragon Durepaire et conservé au musée de l'armée à Paris démontrent l'existence de ces manteaux à manches à la fin de l'Empire. Des "rééditions" du Décret  du 7 février 1812 qui règle la Forme et les Dimensions des effets d'Habillement des Régiment des Troupes à cheval (publications 1819 et 1827) fait aussi mention de l'attribution du manteau-capote aux dragons ! En outre, Rousselot signale qu'à partir du règlement de 1812, les dragons ont un nouveau manteau, moins ample que l'ancien, à manches et non parementé.

Manteau à rotonde modèle 1812,
ayant appartenu au dragon Durepaire

Manteau à rotonde modèle 1812,
ayant appartenu au dragon Durepaire

Il est raisonnable de penser que le manteau-capote, sous ses premières formes, est apparu
dans la Grande Armée de manière autre qu’éventuellement ponctuelle ou pointée, entre fin 1807 et fin 1809, voir début 1810.
Dragons en capote

NB : Le terme capote désigne un vêtement moins ample que le manteau, pourvu de manches, mais vraisemblablement sans retonde ni capuche.Ce vêtement est employé dans les mêmes conditions que le manteau par des personnes n’utilisant pas le cheval pour les déplacements dans le service.

Sources: 
http://etat.major.empire.free.fr/uniformologie/Manteau%20empire.pdf
http://www.photo.rmn.fr/
Rousselot L., Dragons 1804-1805 - Planche N°7
ORDONNANCE PROVISOIRE SUR L'EXERCICE ET LES MANŒUVRES DE LA CAVALERIE, RÉDIGÉ PAR ORDRE DU MINISTRE DE LA GUERRE, DU ler. VENDÉMIAIRE AN XIII.,SECONDE ÉDITION.